Andrea Rizk-Flores, BSc

Exploration de l’intelligence artificielle en soins de la démence : revue par modélisation thématique et implications pour la formation et la pratique en médecine familiale

L’intelligence artificielle (IA) transforme de plus en plus la prestation des soins de santé, avec des applications qui s’inscrivent étroitement dans le Quintuple objectif visant à améliorer l’expérience des patients, la santé des populations, la réduction des coûts, le bien-être des professionnels de la santé et la promotion de l’équité. Avec le vieillissement de la population et l’augmentation de la prévalence de la démence, les technologies d’IA - allant des algorithmes diagnostiques aux systèmes de surveillance adaptatifs - deviennent essentielles aux soins de la démence. Ces outils offrent un fort potentiel pour soutenir le jugement clinique, optimiser les ressources et améliorer la qualité de vie des personnes vivant avec une démence et de leurs proches aidants. 

Les médecins de famille sont souvent le premier point de contact pour les patients présentant des changements cognitifs et jouent un rôle central dans le dépistage précoce, la coordination des soins et le suivi longitudinal. Toutefois, la complexité clinique croissante et l’incertitude diagnostique contribuent à une surcharge cognitive et à une fatigue décisionnelle. Il est donc essentiel de comprendre comment l’IA peut soutenir, plutôt que complexifier, le rôle du médecin. Parallèlement, les milieux de soins de longue durée (CHSLD) constituent des environnements clés pour l’innovation, où les outils de surveillance et d’aide à la décision fondés sur l’IA peuvent contribuer à relever les défis liés à la main-d’œuvre et à soutenir des soins centrés sur la personne. 

Malgré les avancées technologiques rapides, la formation explicite en IA demeure limitée en médecine familiale et dans les disciplines connexes. Le projet d’Andrea vise à combler cette lacune en examinant comment l’IA est actuellement utilisée et abordée dans la recherche sur les soins de la démence, avec une attention particulière portée aux implications pour la formation, la pratique et les soins de longue durée.

En utilisant la modélisation thématique, une méthode d’apprentissage automatique permettant d’identifier des structures et des thèmes sous-jacents dans de vastes corpus de textes, cette étude cartographie l’évolution du paysage de la recherche sur l’IA et la démence. Cette approche offre une alternative évolutive aux revues traditionnelles, capable de saisir la diversité des disciplines contribuant à ce domaine.

Karen Golfi, BSc

Développement d’une formation pour les proches aidants afin d’améliorer la communication avec les résidents en soins de longue durée présentant une déficience sensorielle

La perte auditive et visuelle est très fréquente chez les résident(e)s des centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), mais de nombreux intervenant(e)s de première ligne ne disposent pas de la formation ni des outils nécessaires pour communiquer efficacement avec cette population. Les obstacles à la communication liés aux pertes sensorielles réduisent la qualité des soins et contribuent à la détresse émotionnelle et à l’isolement social, particulièrement chez les résident(e)s vivant avec des troubles cognitifs. Pendant la pandémie de COVID-19, les mesures de prévention et de contrôle des infections, telles que le port obligatoire du masque et la distanciation physique, ont accru la charge des soignant(e)s et entravé une communication efficace. Ces enjeux mettent en évidence l’absence de procédures standardisées et de programmes de formation adaptés aux rôles pour soutenir le personnel des CHSLD et les bénévoles dans la réponse aux besoins de communication des résident(e)s ayant une double déficience sensorielle. Les objectifs de ce projet sont de co-construire le contenu de modules de formation bilingues, en ligne, portant sur la communication, destinés au personnel des CHSLD qui soutient des résident(e)s ayant une double déficience sensorielle, en : identifiant les principaux défis de communication et les besoins en formation selon les rôles; examinant les perspectives spécifiques aux rôles sur les stratégies de communication, les impacts émotionnels et les obstacles systémiques à travers des groupes de discussion; et traduisant les résultats issus des parties prenantes en contenu de formation pratique, adapté aux rôles. Cette étude a adopté une approche étape par étape impliquant une collaboration étroite avec le personnel des CHSLD et les soignant(e)s. Dans un premier temps, nous avons examiné les écrits existants afin d’identifier les thèmes importants et avons élaboré un sondage dans lequel les professionnel(le)s réglementé(e)s (comme les infirmier(ère)s et les thérapeutes) et les intervenant(e)s non réglementé(e)s (comme les préposé(e)s aux bénéficiaires et les bénévoles) ont évalué l’importance de différents thèmes liés à la communication. Les résultats de ce sondage ont ensuite servi à orienter les discussions de groupes, qui ont permis de dégager des idées et des tendances clés, notamment l’identification des signes de déficience sensorielle, l’adaptation de la communication et la distinction entre déficience sensorielle et trouble cognitif. Les modules de formation qui en résultent seront ancrés dans des contextes réels de prestation de soins et adaptés aux besoins spécifiques des rôles, ce qui renforcera leur potentiel d’adoption et de pérennité. En améliorant les pratiques de communication, cette intervention a le potentiel de réduire la charge des soignant(e)s, d’améliorer la qualité des soins et de favoriser le bien-être des résident(e)s des CHSLD ayant une double déficience sensorielle. Des travaux futurs permettront d’évaluer l’efficacité de ces modules dans des contextes réels.

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